Phalaenopsis taenialis (Christ 1986)
  Petite galerie de Phalaenopsis taenialis
Phalaenopsis aux racines longues et aplaties
 
Origine : Népal, Nord-Est de l'Inde,Bhoutan, Myanmar, Thaïlande
Synonymes principaux

Aerides taeniale ( Lindl.1833)

Biermannia taenialis ( Tang & Wang 1951)

Doritis taenialis ( J.D. Hook 1890)

Kingidium taeniale ( PF.Hunt 1970)

Kingiella taenialis ( Rolfe 1917) Polychilos taenialis ( Shim 1982)

 Aerides carnosa ( Griff 1851)

 
Petite plante épiphyte aux nombreuses racines aplaties jouant un rôle important pour la photosynthèse. Tige courte. Feuilles peu nombreuses (1 à 2), obliquement lancéolées, aiguës, vert foncé, de 10 cm de long sur 2 de large, souvent plus petites de moitié. Pédoncule de 10 cm, aux bractées lancéolées de 0,3 cm.Fleurs au nombre de 6 à 8, de 2 cm de diamètre. Sépales et des pétales rose clair, colonne et labelle plus soutenu.

Sépale dorsal oblong, obtus. Sépales latéraux obliquement elliptiques-ovales, obtus, de même longueur que le sépale dorsal mais légèrement plus large. Pétales elliptiques-obovales, obtus, de même dimension que le sépale dorsal.

Labelle trilobé de 8 mm avec un éperon. Lobe latéraux érigés, oblongs, obtus, aussi long que le lobe médian. Lobe médian oblong-elliptique, obtus, convexe, avec deux callus. Le callus postérieur est charnu, bidenté, alors que le callus antérieur est ligulé, profondément bifide.Colonne longue de 4 mm, largement élargie au niveau du stigmate. Pédicelle de 1,6 cm.

Fleur vue de profil

Illustrations issues de Griffith dans "Icones Plantarum Asiaticarum" 1851

Observations
Plante découverte entre 1000 et 2500 mètres d'altitude.La floraison naturelle se situe en avril/mai.
C'est une plante abondante dans la nature. Seul le Phalaenopsis braceana possède un éperon similaire chez les Phalaenopsis, mais sa couleur verte ou bronze permet de le distinguer facilement.
Quelques photos de Phalaenopsis taenialis supplémentaires
 
Historique
 
Longtemps vendu sous le nom de Phalaenopsis ou de Doritis braceana cette espèce fait l'objet avec cette espèce d'une très ancienne confusion.
Doritis braceana a été décrit par Hooker en 1895 à partir d'une plante qui avait fleuri au Jardin Botanique de Calcutta en Inde. Cette plante avait été collectée au Bouthan en 1882 et envoyée à J.S. Gamble à Darjeeling. Une description et un dessin avaient été transmis en Angleterre à Hooker par Brace, directeur de l'herbier du Jardin Botanique Royal de Calcutta entre 1882 et 1886. La description de la plante et plus encore le dessin qui l'accompagne suggèrent qu'il s'agit de la plante longtemps connue sous le nom de Phalaenopsis taenialis mais avec une coloration différente des fleurs.
Hooker qui n'a jamais vu la fleur autrement qu'en dessin, et qui ne connait que le texte de Brace, décrit l'éperon de la fleur égal en longueur aux lobes latéraux du labelle, ce qui est le cas chez P. taenialis ; la couleur des sépales et des pétales est décrite comme : " flavis costa rufescente ", c'est à dire jaune avec une strie centrale rougeâtre, alors que la couleur habituelle de P. taenialis varie du rose foncé au rose clair, voire au blanc, avec un labelle rose foncé. Les fleurs jaunes n'apparaissent que dans certaines circonstances et dans un article publié en 1898 et intitulé Orchid of Sikkim Himalaya King écrit : " les spécimens de P. taenialis aux fleurs blanches ne sont pas exceptionnels mais après la fécondation elles deviennent jaunes ". Dans ce même article, l'auteur fait aussi référence à l'illustration de P. braceana (alors Doritis braceana) qui a servi à Hooker et éditée par la suite dans Annals of the Royal Botanical Garden, Calcutta, V, 40, t. 60, et la considèrent comme étant une illustration de P. taenialis. En 2001 Phillip Cribb, dans un article de The Orchid Review intitulé Three Small-flowered Phalaenopsis, repris plus tard dans le numéro spécial de l'Orchid Digest consacré aux Phalaenopsis (2002), montre que les fleurs roses de P. taenialis deviennent orange lorsqu'elles commencent à faner. Nous avons pu constater par nous-mêmes que les fleurs des plantes de P. taenialis que nous avons cultivés pendant plusieurs années dans les serres de l'établissement Michel Vacherot, dans le sud de la France près de Fréjus (donc dans un climat qui ne lui convenait guère à cause des grosses chaleurs estivales), jaunissaient rapidement après fécondation ou après la perte accidentelle des pollinies ce qui est un incident fréquent avec cette espèce.
Ganesh Mani Pradhan (1972) décrit P. taenialis qui pousse entre 1 500 et 1 800 mètres
d'altitude et doit être cultivé en serre froide ou dans la partie fraîche de la serre tempérée. En se fondant sur ces informations il est raisonnable de penser qu'une orchidée de climat froid telle que P. taenialis n'appréciera pas les étés chauds de Calcutta et que les fleurs en état de stress faneront rapidement et jauniront prématurément avant de faner.
Dans un article publié en 2010 dans Orchids 79 : 468-471, Stig Dalström, Ngawang Gyeltshen et Thomas Höijer reprennent l'idée, déjà émise par King (1898), Rolfe (1917) et O. Gruss & Röllke (1997) que l'espèce décrite par Hooker doit être considérée comme synonyme de P. taenialis. Pour compléter leur argumentation, ils s'appuient aussi sur le fait que la plante appelée P. braceana n'a été observée qu'en Chine, dans le Yunnan , alors que l'exemplaire décrit par Hooker provenait du Bhoutan. Hooker (A Century of New and Rare Indian Plants : 40, 1895) a dit lui-même que la fleur de P. braceana paraissait plus proche de celle de Doritis taenialis (= P taenialis (lindl.) Christenson) que de celle de Doritis wightiana (= P. deliciosa subsp. hookeriana (O. Gruss & Roellke) Christenson). En 2012 Kew accepte ce changement et n'admet plus P. braceana que comme synonyme de P. taenialis.
 
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