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Phalaenopsis schilleriana (Rchb.f. 1860)
 
 
Phalaenopsis de Schiller
 
 
Origine : Philippines, Luzon et îles adjacentes
 
 
Synonymes principaux

Phalaenopsis schilleriana var.viridi-maculata (Ducharte 1862)

Phalaenopsis schilleriana var.delicata (Dean 1877)

Phalaenopsis schilleriana var.splendens (Warner 1878)

Phalaenopsis schilleriana var.major (J.D.Hook 1886)

Phalaenopsis schilleriana var.compacta nana (Hort. 1890)

Phalaenopsis curnowiana (Hort. 1891)

Phalaenopsis schilleriana var.purpurea (O'Brien. 1892)

Phalaenopsis schilleriana var.odorata (Van Brero 1935)

Phalaenopsis schilleriana var.grandiflora (Van Brero 1935)

 
 
     Tige très courte, entièrement recouverte par l'imbrication de la base des feuilles, émettant des racines allongées, charnues, aplaties, grises, plus ou moins granuleuses, d'un brun/verdâtre aux extrémités.
    
Feuilles ordinairement assez nombreuses, très étalées, retombantes, elliptiques-oblongues, obtuses, longues de 25 à 50 cm, à face supérieure d'un vert foncé marbré de bandes transversales d'un blanc mat très irrégulièrement découpées, à face inférieure d'un brun/rouge avec de nombreux petits points enfoncés. Feuilles larges de 7 à 12 cm.
     Pédoncule ascendant ou penché, grêle, cylindrique, d'un brun rougeâtre avec des ponctuations plus claires , plus ou moins ramifié, pouvant dépasser un mètre de longueur et porter 250 fleurs et plus. Bractées triangulaires, plus claires que le pédoncule.
    
Certain exemplaires donnent des fleurs délicatement parfumées, larges de 6 à 8 cm.Sépales très étalés d'un beau rose/mauve teinté de blanc, surtout sur les bords, plus soutenu vers le centre de la fleur, le dorsal oblong-elliptique aigu ou obtus, les latéraux obovales-lancéolés et un peu plus aigus, ponctués de violet dans leur moitié basilaire interne. Pétales très étalés, de la couleur du sépale dorsal, mais trois fois plus larges, subrhomboïdes-arrondis, obtus. Les sépales sont plus foncés dorsalement que les pétales.
       Labelle assez longuement pédicellé presque aussi long que les sépales, profondément trilobé. Lobes latéraux obovales-oblongs, obtus, falciformes, incurvés, blanc teinté de jaune et maculé de rouge dans la partie inférieure postérieure et de rose sur le devant de cette même partie inférieure. Lobe antérieur blanc ou rosé et ponctué de mauve, ovale, graduellement rétréci vers le sommet ou il est un peu emarginé et dilaté latéralement en deux cornes aiguës et recourbées en forme d'ancre. Disque présentant entre les lobes latéraux un callus fortement saillant, divisé au sommet en deux lobes divergents, d'un jaune clair ponctué de rouge.Colonne violacée, demi-cylindrique, anthère rostrée en avant. Pédicelle de 4 cm.  
Labelle et callus de Phalaenopsis schilleriana (Sweet)
 
Observations
     Floraison de février à avril.
      La coloration des pièces florales est très variable en intensité. Les plantes poussant à plus haute altitude sont généralement plus colorées que celles qui croissent au niveau de la mer. Les fleurs coupées de Phalaenopsis schilleriana sont assez éphémères. Ce défaut ne se retrouve pas chez les nombreux hybrides qui en sont issus, à part, peut-être chez les hybrides primaires.
    
La plante se camoufle très facilement dans la végétation grâce à son feuillage marbré. Elle n'est visible que pendant la floraison. Elle se plaît sur les versants boisés et humides, jusqu'à une altitude de 400m.
      Selon les spécialistes, le parfum des Phalaenopsis schilleriana, varie de celui de la rose, au muguet ou au daphné mélangé à la violette. Tous les exemplaires ne paraissent pas parfumés.
Historique
 
       Introduite de Manille en 1859, elle fleurit pour la première fois chez le consul Schiller en mars 1860 (fin janvier d'après Rolfe dans la Lindenia). Il avait obtenu la plante en 1858, d'un français, monsieur Marius Porte* qui collectait les plantes pour Linden. Une seule plante fleurit et survécut sur un lot de 30 sujets.
    La première mention faite de cette plante serait de Seeman dans la Bonplandia de juin 1856. On y trouve une note sur une plante des établissements Linden à Bruxelles qui pourrait se rapporter au Phalaenopsis schilleriana : « Von der Stammform der Phalaenopsis amabilis Bl, mit kurzen, stumpfen, dunkeln Blättern (die jetz in England im Handel fehlt) ist ein sortiment angekommen, das in vierzehn Tagen, wo wir es beobachteten, sich völlig von der Reise erholte. Ein neue Phalaenopsis mit silberfleckigen Blättern à la Sonerila war leider unrettbar.» Il est arrivé un lot de Phalaenopsis amabilis Bl.type, à feuilles courtes, obtuses et foncées (qui fait encore défaut dans le commerce en Angleterre) : au bout de quinze jours que nous les avons tenu en observation, tous les exemplaires étaient complétement remis du voyage. Un nouveau Phalaenopsis à feuilles tachées d'argent, dans le genre des Sonerila, ne
put malheureusement pas être sauvé.
     Cette orchidée passe pour l'une des plus belles et des plus spectaculaires. On cite des exemplaires portant plus de 400 fleurs**. Malheureusement, cette floraison est aussi un peu plus brève que chez la plupart des autres espèces. Ce Phalaenopsis ne fleurit pour la première fois en Angleterre qu'en 1862, mais dés 1860, des exemplaires non fleuris se négociaient jusqu'à 100 guinées.
    *  Citons entre autres la charmante orchidée, connue sous le nom de Phalaenopsis Schilleriana, qu'il envoya de Luçon à feu M. Pescatore dans la célèbre collection duquel il fleurit, pour la première fois en France, dans les premiers mois de 1861. Imaginez-vous de larges feuilles épaisses, réticulées de blanc et de vert, du milieu desquelles sort une panicule de rameaux légers, longue d'un mètre, retombant avec grâce, et portant à ses extrémités soixante-dix fleurs semblables à des papillons roses suspendus dans les airs, les ailes déployées. Les nuances les plus vives et les plus délicates se jouent sur ces pétales aux reflets satinés, des ponctuations et des teintes différentes d'intensité s'y font remarquer.
     C'est en récoltant cette plante dans un des grands bois de l'île de Luçon que Porte, attaqué par une borde de sauvages, se défendant seul contre tous, fut obligé, pour sauver sa vie, de se réfugier sur un tronc d'arbre qui flottait sur le fleuve, et qui, après deux jours de cette périlleuse navigation, lui permit d'aborder à un comptoir français.
(Extrait de la Belgique Horticole 1869)
    ** En 1875, de très beaux exemplaires valaient encore 32 guinées, comme celui acheté par Sir Trevor Lawrence dans une vente aux enchères. Cette plante qui appartenait alors à Lady Ashburton avait servi de sujet d'illustration pour le Gardener's Chronicle avec trois hampes florales portant respectivement 96, 108 et 174 fleurs (voir ci-dessous)
 
 
      Le jardinier de Lady Ashburton était peut-être un petit peu magouilleur car l'illustration montre plusieurs plantes. Ceci dit, la culture sur "monticule" était très employé à l'époque et cela avait l'air de convenir aux plantes, le drainage devait être proche de la perfection.
 
Pour en savoir plus, un article paru dans l'Orchid Review en 1940 et un autre du Journal des Orchidées de Lucien Linden en 1892
 
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Variétés botaniques
     Phalaenopsis schilleriana var. immaculata (Rchb.f 1875) Synonymes : Phalaenopsis schilleriana subvar. immaculata (Veitch 1891), Phalaenopsis curnowiana (Hort 1891)
     Cette variété se présente sans tache. Le callus est jaune pur, les lobes latéraux du labelle, blanc pur bordé de mauve.
 
     Phalaenopsis Schilleriana var.splendens (Warner 1878)
     Reconnaissable à ses fleurs plus grandes et aux marbrures régulières du feuillage. Variété non reconnue actuellement.
 
Extrait du Journal des Orchidées 1894. Phalaenopsis schilleriana var. purpurea n'est en fait qu'une variante et non une variété à part entière. Ce n'est ni plus ni moins qu'un Phalaenopsis schilleriana bien coloré.
 
Evolution moyenne des températures, de la pluviométrie et de l'humidité relative aux Philippines à une altitude de 250 mètres (région de Manilles)

 

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