Phalaenopsis fuscata (Rchb.f 1874)
 
Phalaenopsis brun (du latin fuscus brun)
Origine : péninsule malaise, Bornéo (Kalimantan oriental, Sabah).
Des informations probablement erronées suggèrent que Phalaenopsis fuscata est aussi originaire des Philippines, voir ici.
Descriptions originales ici
Synonymes principaux

Phalaenopsis denisiana (Cogn. 1899)

Polychilos fuscata (Shim 1982)
Description
     Plante épiphyte à tige très courte, complètement recouverte par l'imbrication de la base des feuilles, émettant des racines peu nombreuses, blanchâtres, glabres, peu flexueuses.
     Feuilles étalées ou défléchies, obovales-oblongues ou largement oblongues, assez brusquement aiguës a leur sommet, longuement atténuées dans la partie inférieure, d'un vert foncé, plus ou moins ondulées, atteignant 30 cm. de longueur sur 10 cm. de largeur.
     Pédoncule rigide, étalé ou un peu défléchi, cylindrique, à peine rameux, d'un vert foncé, aussi long que les feuilles ou un peu plus long, portant jusqu'à une douzaine de fleurs, mais plus souvent beaucoup moins.
     Bractées très petites, charnues.
     Fleurs étalées, charnues, larges de 3,5 cm, hautes de 4,5 cm., aux segments bien étalés.
     Sépale dorsal ovale ou ovale-elliptique, le plus souvent obtus, a bords révolutés. Sépales latéraux elliptiques à partir d'une base oblique, obtus, à bords également révolutés, un peu plus grands que le sépale dorsal. Pétale obovale-oblong à elliptique-oblong, obtus, à bords révolutés, un peu plus petits que le sépale dorsal.
 

     Labelle charnu, trilobé, moitié plus court que les sépales latéraux, à partie inférieure très étalée et un peu réfléchie. Lobes latéraux obliquement quadrangulaires, dressés, connivents, à apex tronqué avec deux lobes aigus, portant dorsalement une carène oblique. Lobe médian un peu redressé, ovale ou elliptique, obtus, aplati ou concave, présentant à la partie inférieure une forte crête médiane. Disque à la jonction des lobes latéraux et du lobe médian un appendice charnu, bifurqué, supportant un deuxième callus bilobé, aux lobes divergents.
    
Colonne érigée, charnue, cylindrique, de 7 à 8 mm, a pied assez large.
    
Pédicelle de trois cm.

   
Observations/Culture
Labelle et colonne de Phalaenopsis fuscata (Sweet)

     La couleur de fond des segments est le jaune un peu verdâtre, très maculé de brun/rouge sur la moitié ou les deux tiers inférieurs. Les lobes latéraux du labelle sont blancs avec une petite macule jaune à la base et quelquefois légèrement lignés de mauve ou de violet. Lobe médian jaune orangé strié ou maculé de brun/rouge. Colonne jaunâtre.
     Le Phalaenopsis fuscata se développe à l'ombre dans les forêts humides du niveau de la mer jusqu'à une altitude de 500 mètres (1000 mètres selon certains auteurs).
      Plante de climat tempéré ou tempéré chaud. La floraison est possible presque toute l'année mais plus abondante pendant la belle saison. Attention au rempotage, les feuilles sont facilement cassantes. Des plantes adultes sont capables de porter au moins une douzaine de fleurs simultanément sur la même tige pendant plusieurs mois. Il apprécie une forte humidité atmosphérique permanente, de l'ordre de 85 à 90 % mais supporte une lumière moins abondante que la plupart des autres espèces.
Autrefois utilisé pour tenter de créer des hybrides jaunes. Leur descendance, après une croissance lente, montrait des fleurs étoilées avec des sépales et des pétales révolutés, plus ou moins striés. Ses hybrides primaires sont quelquefois très colorés. La RHS a enregistré près d'une centaine d'hybrides. Les exemplaires actuellement connus proviendraient essentiellement de l'est de Bornéo.

Historique
    Reichenbach fit la description de cette espèce à partir de plantes importées et cultivées par Bull et collectées dans la péninsule malaise. Cette origine est corroborée par les autres collecteurs de cette espèce mais il existe aussi un dessin annoté par Day conservé à Kew avec ce commentaire : " Cette plante a été peinte chez M. Bull. Elle a été importée par lui depuis les Philippines". Plus tard, en 1897, cette espèce fleurit également chez M. Fernand Denis et fut nommée Phalaenopsis denisiana en son honneur par Cogniaux en 1899. Bien que quelques différences aient été remarquées, comme la position du cal du labelle, Phalaenopsis denisiana est considéré comme synonyme de Phalaenopsis fuscata. Cette plante était aussi originaire des Philippines. Christenson suspecte que ces deux plantes, celle dessinée par Day et celle de Fernand Denis, aient été mal étiquetées car cette espèce n'a plus été retrouvée dans ces îles (Phalaenopsis A Monograph 2001). Il pourrait aussi s'agir d'une tentative de dissimulation de l'origine réelle de la plante. Quelques commentaires à son propos sont à signaler dans le numéro 152 d'août 1905 de l'Orchid Review.
 
Description de Phalaenopsis fuscata par Reichenbach fils dans Gardener's Chronicle, nouvelle série, 2: 6 (1874).
Description de Phalaenopsis denisiana synonyme de Phalaenopsis fuscata par Cogniaux dans Gardener's Chronicle, serie 3, 26: 82 (1899).
Description et illustration de Phalaenopsis denisiana par Cogniaux dans Dictionnaire Iconographique des Orchidées, (1899).
Réponse de Cogniaux à Rolfe qui a considéré Phalaenopsis denisiana comme synonyme de Phalaenopsis kunstleri.
Fernand Denis (1858-1935)

Botaniste amateur. Louis Auguste Fernand Denis naquit à Ruelle sur Touvre près d'Angoulême et se passionna très tôt pour la botanique. Après des études à Bordeaux il intégra l'Ecole Centrale des Arts et Manufacture dont il sortit ingénieur. Après avoir occupé différents postes chez Saint Gobain il devint rapidement directeur de l'usine de l'Oseraie (Vaucluse) et occupa cet emploi jusqu'en 1901. Il fut ensuite nommé directeur de l'usine Saint Gobain de Balaruc les Bains, près de Sète, tout en conservant son poste à l'Oseraie mais résida à Balaruc les Bains. L'heure de la retraite venue il se retira à Tamaris sur Mer (Villa des Amandiers).
Il fit de bonne heure des essais de d'hybridation avec des orchidées indigènes mais son nom reste attaché à ses obtentions d'iris des jardins qui marquèrent une étape importante dans l'évolution de ses plantes et il acquit dans ce domaine une réputation internationale. Il s'intéressa aussi aux lis chez lesquels il obtint aussi des hybrides intéressants.
Il entretenait à Balaruc les Bains une collection importante de plantes de serres dont de nombreuses orchidées qu'il tentait d'hybrider et publia en 1914 (page 351) dans la Revue Horticole, un article intitulé : " semis de Phalaenopsis avec l'emploi de champignons endophytes ". Fernand Denis a été un des premiers collaborateur de Noël Bernard qui lui confia quelques-uns de ses semis et il collabora aussi avec Gaston Bultel, cultivateur chez Edmond de Rothschild à Armainvilliers, qui lui dédia en 1924 le Phalaenopsis Fernand Denis (Artemis X sanderiana), premier hybride de Phalaenopsis au second degré, le Phalaenopsis Artemis étant le résultat du croisement des Phalaenopsis amabilis et equestris. Déjà en 1897 Maron avait nommé un de ses premiers hybrides de cattleya Fernand Denis (Cattleya aclandiae X Cattleya warscewiczii)
 
Article de Fernand Denis dans la revue Horticole du premier aout 1914
Evolution moyenne des températures, de la pluviométrie et de l'humidité relative en Malaisie au niveau de la mer (règion de Kuantan)
 
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