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Phalaenopsis cornu-cervi (Bl & Rchb.f.1860)
 
 
Phalaenopsis corne de cerf
 
Origine : Sarawak, Bornéo, Java, Sumatra, Thaïlande, îles Nicobar, Myanmar.
Synonymes principaux

Polychilos cornu-cervi (Breda 1827)

Polystylus cornu-cervi (Hassk. 1856)

Phalaenopsis devriesiana (Rchb.f. 1860)

Phalaenopsis lamelligera (Sweet 1969)

     Plante épiphyte, robuste, racines nombreuses produites sur une tige rhizomateuse, charnues, souples, souvent ramifiées, glabres. Tige courte, complètement recouverte par l'imbrication de la base des feuilles.
     Feuilles charnues, oblongues-ligulées ou oblongues-oblancéolées, arrondies, quelquefois terminalement bilobées, dépassant 20 cm. de long et 4 cm. de large.
     Pédoncules isolés ou nombreux, très variables en taille, de 9 à 40 cm., cylindriques puis légèrement compressés latéralement, simples ou branchus, dressés ou arqués.
     Rachis aplati en zigzag, portant plusieurs fleurs. Bractées alternes, distiques, cucullées se terminant en crochet, dorsalement carénées, longues de plus de 5 mm.
     Fleurs charnues, cireuses aux segments bien étalés. Sépale dorsal obovale elliptique ou oblancéolé-elliptique très caréné dorsalement vers l'apex. Bordures légèrement retournées. Sépales latéraux légèrement obliques, elliptiques à elliptiques-lancéolés, aigus, également dorsalement carénés à l'apex. Pétales lancéolés ou elliptiques-lancéolés, aigus ou arrondis, dorsalement épaissis vers leur extrémité.
     Labelle charnu, trilobé. Lobes latéraux dirigés en dehors vers l'avant, sub-quadrangulaires, à apex tronqué derrière lequel on trouve un callus charnu.. Lobes latéraux confluents avec la base du lobe médian pour former une gibbosité aplatie semi-circulaire. Lobe médian devant la gibbosité brusquement étranglé puis s'élargissant en forme d'ancre, triangulaire, à bordure irrégulièrement découpée, dentée. Apex aigu ou obtus, orné par en dessous d'une protubérance en forme de crochet. Le centre de la gibbosité est muni d'un appendice linéaire-oblong érigé, latéralement comprimé, denté à son extrémité, se projetant en avant. Il porte également une structure bidentée, avec deux appendices acuminés.
Détails du labelle de Phalaenopsis cornu-cervi (Sweet)
     Colonne charnue, quelquefois arquée, cylindrique, quelquefois élargie près de l'apex. Le pied de la colonne est orné de chaque côté d'une petite protubérance. Pédicelle de 3 cm.
 
Observations
 
     La couleur des fleurs varie du jaune au jaune-verdâtre. Les segments sont diversement barrés, taches, ou maculés de brun/rouge. Quelquefois, les fleurs sont à peine marquées de jaune. Labelle blanc ou blanchâtre, avec des stries brunes sur les lobes latéraux et à la base de la colonne. Colonne jaune.
     La floraison est essentiellement observable à la fin du printemps et en été, mais des sujets bien établis ont une floraison très étalée.
     Le labelle est variable et le lobe médian ne porte habituellement pas de papilles ni de poils.
     Cette orchidée a été observée depuis le niveau de la mer jusqu'à une altitude de 800 mètres.
     Le Phalaenopsis cornu-cervi peut supporter une atmosphère plus sèche que les autres espèces. La floraison est plus abondantes lorsque le feuillage est un peu jaune et que les plantes reçoivent suffisamment de lumière. Le pédoncule persiste et fleurit de nombreuses années. Certains cultivateurs les taillent pour améliorer la disposition des fleurs.
     Dans un pot l'enracinement est souvent peu profond et la plante tend à faire rapidement des racines aèriennes. Contrairement à la description botanique qui prètend que les racines sont nombreuses, l'expèrience montre que la plante en fait relativement peu, plus épaisses et tubulaires, plus cassantes que chez la plupart des autres espèces.
Historique
 
     Les plantes qui ont servi à la description de l'espèce par Breda en 1828,sous le nom de Polychilos cornu-cervi, ont été collectées à Java par Kuhl & Hasselt en 1821. Aucune plante de Phalaenopsis cornu-cervi n'est arrivée vivante en Europe avant 1864, lorsque Parish en envoya aux établissements Low et Cie.
    
Voici quelques notes concernant l'écologie de Phalaenopsis cornu-cervi parues en 1887 sous la plume de E.S.Berkeley dans le Gardeners'Chronicle.
      "Cette curieuse orchidée se trouve en abondance sur les buissons rabougris près de l'embouchure de l'Irrawaddy. Très exposées au soleil, les plantes perdent leur feuillage durant la saison sèche alors que les racines continuent à être alimentées par la rosée. Les plantes situées à l'ombre n'ont pas de période de repos. Elles peuvent être fleuries durant cette période et ne perdent jamais leur feuillage.
    
En 1870, les bambous situés dans la jungle au nord de la route de Pegu à Shoagheen fleurirent. Après cela, les plantes de bambou moururent et on pu pénétrer dans cette jungle inviolée jusqu'alors. Les quelques arbres qui poussaient au milieu des bambous, des manguiers, étaient couverts de ces Phalaenopsis se développant dans les parties les plus ombragées. Ce sont les seules orchidées qui ont été retrouvées dans cette forêt, et probablement les seules qui pouvaient croître avec si peu de lumière.
     
Berkeley notait ensuite que les plus beaux exemplaires, avec les fleurs les mieux formées étaient ceux qui poussaient à l'ombre, ce qui est en contradiction avec les observations de la plupart des cultivateurs actuels.
 
Plus d'information d'après Berkeley

 

Variétés botaniques
 
Pour découvrir la plante, cliquez. Phalaenopsis cornu-cervi var.picta (Hassk 1856) : sans taches ni pointillés, uniquement barré.

Phalaenopsis cornu-cervi f. flava (Christ. 2001) : Jaune uni.

Phalaenopsis cornu-cervi f.sanguinea (Christ. 2001) Presque rouge

Phalaenopsis cornu-cervi var.thalebanii (Christ. 2001) : En 1983, on découvrit près des chutes deYaroi dans le parc national de Thaleban en Thaïlande un Phalaenopsis d'apparence identique à un Phalaenopsis cornu-cervi, mais avec des fleurs beaucoup plus fortes. Nommé Phalaenopsis thalebanii par Seidenfaden en 1988, il n'est pas reconnu par d'autres botanistes comme une espéce.

Phalaenopsis cornu-cervi var.flava
Phalaenopsis cornu-cervi var.sanguinea
 
Phalaenopsis cornu-cervi f. chattaladae

Les plantes de P. cornu-cervi donnent des fleurs à la coloration extrêmement variable et on connaît depuis longtemps l'existence de P. cornu-cervi plus ou moins coloré de rouge. En 1975, M Pravit Chattalada, collectionneur amateur Thaïlandais, acheta, en compagnie d'un de ses amis orchidophile Américain, une de ces plantes à une vendeuse occasionnelle d'orchidée à Bangkok. Cet exemplaire fut remarqué par les juges de la Société Américaine d'Orchidophilie qui lui accordèrent en 1979 un JC/AOS (Judges' Commendation), distinction accordée à une plante présentant un ou plusieurs caractères exceptionnels mais ne pouvant être jugée de la manière habituelle. La description accompagnant la récompense mentionnait que la plante portait deux fleurs et un bouton sur une seule tige, que ce clone était le seul connu à présenter des segments uniformément rouge foncé sur les deux faces. Des essais de multiplication par autofécondations ne donnèrent aucun résultat mais la plante fut dupliquée par bouturage in vitro de la tige florale. Un quart de siècle plus tard, une plante présentant des caractères voisins fut collectée à Khun Tan, toujours en Thaïlande, et les fécondations réalisées entre cette plante et celle de M Pravit Chattalada donnèrent des graines fertiles. Un article édité en 2006 dans le bulletin de la Société Américaine d'Orchidophilie officialise l'existence de Phalaenopsis cornu-cervi f. chattaladae.
Seules ces deux plantes sont actuellement à l'origine des Phalaenopsis cornu-cervi f. chattaladae que l'on peut se procurer dans le commerce, mais néanmoins d'autres plantes similaires font de temps à autre leur apparition. L'origine de la plante collectée en 2000 est connue. Elle provient du nord de la Thaïlande à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Chiang Mai, dans une zone de collines couvertes de forêts à une altitude d'environ 700 mètres.
Il y a une grande confusion entre Phalaenopsis cornu-cervi var. thalebanii et Phalaenopsis cornu-cervi f. chattaladae et beaucoup d'abus sont à déplorer quant à l'étiquetage des plantes commercialisées. La plupart des plantes à fleurs rouges que l'on rencontre sont des Phalaenopsis cornu-cervi var. sanguinea.
Les boutons de P. cornu-cervi f. chattaladae montrent des mouchetures, des taches ou des barres identiques à celles que l'on rencontre habituellement sur P. cornu-cervi, mais lorsque la fleur s'épanouit la coloration devient uniforme. Aucune tache n'est visible, même en observant la fleur à contre-jour. Seuls quelques cultivars de seconde génération présentent une légère marque jaune à l'apex des sépales et des pétales.

   
   
  Phalaenopsis cornu-cervi f. chattaladae détails.  
   
  Phalaenopsis cornu-cervi f. chattaladae au premier plan, Phalaenopsis cornu-cervi f.sanguinea au second plan.  
 
Variations sur un même thème
 
Pétales dédoublés sur fleur de Phalaenopsis Cornu-cervi
 
Evolution moyenne des températures, de la pluviométrie et de l'humidité relative en Thaïlande, pour une altitude de 250 mètres ( règion de Kanchanaburi)
 
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