Le problème quasi incontournable des cochenilles farineuses finit toujours par rattraper le plus scrupuleux des cultivateurs d'orchidées qui se retrouve généralement assez désemparé devant ces parasites insidieux. Les solutions proposées par la littérature se révèlent la plupart du temps très insuffisantes.

Les cochenilles farineuses peuvent provoquer des dégâts en suçant le contenu des cellules. On peut les observer au revers du feuillage, surtout chez des plantes présentant déjà des signes de faiblesses. Inaperçue dans les premiers temps, leur présence est révélée par une tache chlorotique jaunâtre sur la face visible de la feuille lorsque les attaques sont plus prononcées.

Contrairement à d'autres espèces, elles n'ont pas de couverture cornée et le dernier stade nymphale ainsi que le stade adulte sont mobiles. Leur nom provient du fait que le corps de la femelle se couvre d'une substance cireuse blanche sous forme de poudre, d'épines ou de fils, à partir du troisième stade larvaire. Les mâles sont beaucoup plus petits que les femelles et ne mesurent pas plus de 1 mm. Ils sont ailés et ne se nourrissent pas, étant dépourvus d'organes buccaux. Les espèces les plus répandues sont les Pseudococcus longispinus, microcirculus et adonidum.

Les cochenilles vont se loger dans les espaces les plus incongrus. On peut en trouver sur toutes les parties de la plante, y compris la fleur et les racines, mais aussi dans le milieu de culture, voire sous le pot.

Les remèdes traditionnels, badigeonnage au pinceau d'un mélange alcool à brûler + eau ou d'un mélange eau + savon liquide sont réservés aux collectionneurs qui n'ont qu'une faible quantité de plantes à traiter. Ils sont relativement efficaces.

Une préparation simple à base de d'huile de cuisine et de liquide vaisselle mélangés pour part égale et utilisé en pulvérisation à la dose d'une cuillère à café pour une tasse d'eau donne de bons résultats, de même qu'une cuillère à café de savon noir pour 1,5 litres d'eau. La cuticule des insectes est hydrophobe. Le savon ou le liquide vaisselle rendent poreuse cette protection.

Les produits de traitement du commerce se révélent pour la plupart inopérants. Néanmoins, certains ont une action convenable. Si l'on doit se résoudre à y recourir, il faut distinguer :

      Les produits huileux en association avec un insecticide, inapplicables dans un intérieur en raison de leur forte toxicité, sont les remèdes les plus efficaces. Les huiles ont la propriété de détruire même les oeufs, alors que les autres produits ne sont efficaces que contre les larves ou les adultes. On trouve quelquefois dans le commerce un produit tout préparé, mélange d'huile et de parathion (Pacol) qui est très toxique, mais qui élimine toutes les cochenilles en une seule application.

       Les insecticides de contact du commerce n'ont qu'une faible efficacité. Il faut les utiliser 3 fois à 15 jours d'intervalle pour un résultat correct, car ils ne sont actifs que sur un seul stade, larve ou adulte, jamais sur les oeufs. Attention, la plupart de ces produits ne sont pas utilisables dans les conditions normales d'un intérieur en raison de leur forte toxicité.

       Les produits "systémiques" qui pénètrent dans la plante de type imidaclopride (Confidor) ne sont réellement efficaces que si on les utilise préventivement, ou dès le début de l'attaque, car leur action de choc (par contact ou par inhalation) sur les cochenilles n'est pas garantie à 100%. Ils peuvent être également extrêmement toxiques pour l'homme , les poissons etc....

      Certains produits dits systémiques ne sont en fait que translaminaires. C'est à dire qu'ils traversent l'épiderme de la feuille mais ne circulent pas dans la sève. Ils n'agissent donc qu'à l'emplacement traité.Les vrais systémiques sont endothérapiques. Ils circulent dans la sève qui alimente toutes les cellules.

Usage des pesticides
Tout produit phytosanitaire doit comporter une étiquette ou une inscription comprenant le nom et la classification toxicologique de la substance, une phrase de risque précisant la nature du risque encouru, et des conseils de prudence.

      Une longue et rigoureuse expérimentation est nécessaire avant qu'un produit ne soit homologué. Malgré cela, il est impossible de prévoir toutes les conséquences d'une utilisation prolongée sur des êtres vivants. Plusieurs précautions indispensables doivent être respectées impérativement, notamment en ce qui concerne le stockage et la manipulation des produits.

      Il faut éviter de transvaser les produits et les conserver dans leur emballage d'origine, dans des locaux fermés à clef, à l'écart de tout aliment. Ces locaux doivent être frais et ventilés pour éviter l'accumulation de vapeurs. Ils doivent être protégés du gel pour éviter la détérioration des produits. La décision de traiter étant prise, il faut lire attentivement l'étiquette et respecter scrupuleusement les indications, doses, précautions d'emploi conseillés. Ne préparer que la quantité de produit indispensable. Plusieurs règles d'hygiène doivent être suivies. Le port de gants en caoutchouc et d'un masque est souvent recommandé. En cas de contact de produit avec la peau ou les yeux, il faut effectuer un rinçage immédiat et prolongé. En cas d'absorption de produit, alerter les secours d'urgence, téléphoner au centre anti poison le plus proche.

      Pour mieux connaître la toxicologie des produits agricoles, il existe un code Minitel, le 3617 agritox.

      Les pesticides peuvent en cas de mauvaise utilisation provoquer divers dégâts allant de la simple brûlure à l'extrémité du feuillage à la mort de la plante. Des déformations des feuilles, des chloroses peuvent également se manifester. Plusieurs précautions doivent impérativement accompagner les traitements phytosanitaires. Il faut éviter de traiter des plantes stressées, récemment rempotées, sèches, ou lors des fortes chaleurs. Pensez à maintenir une humidité normale après une fumigation. La sécheresse de l'atmosphère est un facteur favorisant l'agressivité de certaines spécialités. Si dans certains cas les mélanges de produits sont inoffensifs, il n'en est pas toujours de même.

      Pour une bonne efficacité des pesticides, il faut alterner régulièrement les familles de produits de façon à éviter les phénomènes d'accoutumance qui rendent ces produits totalement inefficaces.

      Les aérosols sont normalement inoffensifs pour les plantes si l'on respecte leurs conditions d'emploi et, en particulier, la distance minimale à maintenir entre la plante et l e gicleur. Les dégâts occasionnés le sont plus souvent par le gaz de propulsion que par le produit traitant.