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Mise à jour
octobre 2004
Les dernières avancées
des techniques d'analyse moléculaires permettent d'envisager
différemment la classification du genre Phalaenopsis. Plusieurs
équipes étudient ce sujet et les résultats
de leurs travaux commencent à être connus. En voici
quelques-uns en vrac.
L'analyse phylogénétique
(une classification phylogénétique permet la reconstruction
des liens de parentés entre des êtres vivants)
des espèces du genre Phalaenopsis à partir des données
moléculaires permet de confirmer les travaux de Christenson
qui rattache les genre Kingidium et Doritis au genre Phalaenopsis.
Les sous-genres Aphyllae et Parishianae
sont effectivement tous deux des groupes monophylétiques
(En systématique, un taxon est monophylétique quand
il regroupe exactement un ancêtre et tous ses descendants)
et sont apparentés au sous-genre Proboscidioides ainsi qu'aux
sections Esmeralda et Deliciosa du sous-genre Phalaenopsis qui présentent
le même caractère morphologique d'avoir 4 pollinies
aussi bien qu'une biogéographie commune.
Par contre le sous-genre Phalaenopsis
n'est pas monophylétique.
L'arbre phylogénétique
des Phalaenopsis correspond grosso modo à la distribution
géographique de genre. Il se divise en deux branches (clade)
principales. La première rassemble les espèces qui
ont quatre pollinies, incluant ainsi les sections Proboscidiodes,
Parishianae, et Esmeralda présents en Chine du sud, en Indes
et en Indochine.
La seconde branche, réunit
les espèces ayant 2 pollinies et inclue les sections Phalaenopsis,
Polychilos et Fuscatae présentes en Malaisie, en Indonésie
et aux Philippines.
La biogéographie du genre Phalaenopsis
correspond à l'histoire géologique de ces régions.
En accord avec les analyses moléculaires,
la biogéographie, l'histoire géologique et la tendance
évolutive des orchidées quant au nombre de pollinies
il a été possible de déduire l'historique de
l'évolution des phalaenopsis.
La Chine du sud serait le berceau
du genre Phalaenopsis avec le sous-genre Aphyllae lui-même
à l'origine du genre. De là, les plantes auraient
suivi deux chemins de dispersion. Un de ces chemins conduit dans
le sud-est asiatique, en particulier aux îles Philippines
via l'Indochine et les plus anciennes îles de cet archipel
(Mindoro, Palawan) en les utilisant comme tremplin, aboutissant
au sous-genre Phalaenopsis.
L'autre chemin conduit à l'Indonésie et à la
Malaisie en utilisant la péninsule Malaise comme tremplin
et nous mène au sous-genre Polychilos.
Des données d'analyses moléculaires
et des datations géologiques ont été utilisées
pour estimer le taux de substitution d'ADN du genre Phalaenopsis
en se basant sur la théorie de l'horloge moléculaire.
Cette 'technique' date de 1965
quand des scientifiques ont comparé la séquence de
l'hémoglobine chez plusieurs espèces et ont observé
que le nombre de différences en acides aminés dans
chaque couple d'espèces est approximativement proportionnel
au temps qui les sépare de leur ancêtre commun. Ils
ont appelé horloge moléculaire ce phénomène,
qui a été ensuite retrouvé sur d'autres protéines.
L'horloge moléculaire tend à évincer les autres
mesures de distance utilisées jusqu'ici en biologie (par
ex. : longueur des pattes, envergure des ailes, contenu en chlorophylle),
parce que c'est une variable universelle dont la loi mathématique
est facile à écrire sous l'hypothèse neutre.
En se basant sur les taux de
substitution on a pu déterminer que les divergences dans
le complexe lueddemanniana ont eu lieu durant le Pléistocène.
La section Deliciosae s'est séparée de la section
Stauroglottis il y a entre 10 et 21 millions d'années.
D'autres travaux ont porté
plus particulièrement sur trois groupes d'espèces
voisines. Le premier groupe constitué de Phalaenopsis. amabilis,
P. amabilis subsp. moluccana, P. amabilis subsp. rosenstromii, P.
aphrodite, P. aphrodite subsp. formosana, and P. sanderiana. . L'analyse
moléculaire permet de distinguer chaque espèce de
ce complexe exception faite du Phalaenopsis aphrodite et de sa sous
espèce.
Les Phalaenopsis aphrodite de différentes
origines et leur sous-espèces ne peuvent pas être séparées
entre eux mais sont différents des autres plantes étudiées
Phalaenopsis sanderiana est très
proche de Phalaenopsis amabilis et de ses sous espèces et
pourrais être assimilé à ce groupe.
Phalaenopsis aphrodite serait à
l'origine de ce groupe car Phalaenopsis sanderiana et amabilis en
seraient les descendants. Deux évolutions distinctes mais
parallèles auraient été possibles. Premièrement,
depuis Palawan Phal. aphrodite aurait évolué en Phal.
amabilis qui se serait dispersé à Bornéo et
à Sumatra. Deuxièmement Phal. aphrodite dispersé
dans le sud de Mindanao aurait évolué en Phal. sanderiana
qui se serait dispersé aux Sulawesi et en nouvelle guinée
en donnant respectivement Phal. amabilis subsp. moluccana et Phal.
amabilis subsp. rosenstromii.
Le second
groupe comprend les Phalaenopsis sumatrana, corningiana ainsi qu'une
espèce non reconnue par Sweet ni par Christenson, mais acceptée
dans la dernière liste éditée par Kew, a savoir
Phalaenopsis zebrina. Si l'on se réfère aux résultats
des l'analyses, Phal. sumatrana ne peut être séparé
de Phal. corningiana et, en outre, Phal. zebrina doit être
considéré comme une espèce à part entière
à l'origine des deux autres.
Le troisième
groupe étudié comprend les Phalaenopsis violacea et
bellina. D'après les résultats Phalaenopsis bellina
ne pourrait pas être séparé de Phal. violacea
sauf à considérer la population de Phal violacea de
l'île de Mentawai (Indonésie). Cette population a déjà
été décrite comme étant un " super
" Phal. violacea avec des coloris plus brillants, une taille
presque égale à celle de Phal. bellina mais aussi
une hampe florale de 50 cm de long ce qui est tout à fait
inhabituel pour ces espèces. Ces plantes pourraient éventuellement
être élevées au rang d'espèce. Les plantes
de Mentawai descendraient des Phal. violacea de Sumatra et de la
péninsule Malaise.
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